La vie est déjà assez dure pour tout le monde, et plus dure encore pour certains. Sois bon envers toi-même. Il y a de l’espoir au bout du tunnel ! Ce n’est pas parce que tu es habitué au désert que tu ne mérites pas l’océan.
La plupart des gens que tu croises aujourd’hui portent quelque chose : une facture arrivée trop tôt, un diagnostic, un enfant qui n’appelle plus, un rêve qui prend bien plus de temps que promis. Ils te saluent à l’église ou au marché, puis ils rentrent chez eux avec le même poids.
Ce qui les fait avancer, c’est l’espérance. Je ne parle pas d’optimisme, qui va et vient avec la météo. Je parle de la décision obstinée de croire que demain peut être meilleur qu’aujourd’hui, et d’agir comme s’il allait l’être.
L’espérance est gratuite
On imagine souvent l’espérance comme quelque chose de grand : un miracle, une percée, une porte qui s’ouvre enfin. Très souvent, elle est bien plus petite. Le sourire d’un inconnu un matin difficile. Un message qui dit « j’ai pensé à toi ». Une main sur l’épaule à un enterrement.
Ces choses sont gratuites pour celui qui les donne. Pour celui qui les reçoit, elles peuvent valoir une semaine de force. Je connais peu d’investissements avec un tel rendement.
Je l’ai vu avec Lectio. Quand j’en ai raconté l’histoire en 2025, le projet avait récolté 25 000 FCFA au total, environ 38 euros, donnés en petites sommes par des jeunes et par des inconnus qui y croyaient, tout simplement.1 N’importe quel comptable sourirait devant ce chiffre. Pour moi, chaque franc voulait dire que quelqu’un avait regardé ce que je construisais et avait dit oui.
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent.
Ce verset demande quelque chose de plus difficile qu’il n’y paraît. Pleurer avec ceux qui souffrent nous vient assez naturellement. Se réjouir sincèrement avec ceux qui réussissent, sans se comparer et sans une pointe d’amertume, demande davantage.
Quand un ami obtient le poste, la bourse, le bébé, la maison, réjouis-toi avec lui. Même s’il ne te l’a pas annoncé lui-même. Même si tu l’as appris par quelqu’un d’autre. Même si tu attends encore ton tour. Et quand il traverse une épreuve, va t’asseoir à côté de lui, même s’il ne t’a pas appelé.
C’est ainsi que nous gardons foi en l’humanité, comme Dieu l’a voulu : en portant les joies et les peines des autres comme si elles étaient un peu les nôtres.
C’est pendant notre mariage que je l’ai appris le plus profondément.
Ma femme et moi avons célébré notre mariage traditionnel au Cameroun. Des parents et des amis ont pris l’avion pour être avec nous, à leurs propres frais. Un peu plus tard, quand nous nous sommes mariés à la mairie et à l’église à Dakar, beaucoup l’ont refait. Certains venaient d’ailleurs en Afrique, d’autres d’Europe et d’Amérique, et d’autres encore des extrémités du Sénégal.
Personne ne nous devait ça. Ils ont fait de notre mariage le leur.
Cette saison a aussi apporté son lot de voix négatives : des gens qui prédisaient que ça ne durerait pas, ou que le mariage était quelque chose à craindre ou à repousser. Mais l’espérance d’un avenir lumineux, et la puissance de l’amour venu en personne, l’ont emporté sur tout cela. Aujourd’hui, nos souvenirs de cette saison sont pleins de ceux qui ont traversé des frontières pour être là.
Quand on n’y croit pas
Quand on ne croit pas en toi
Tout le monde ne viendra pas ainsi. Parfois, les personnes les plus proches de toi ne croiront ni en toi ni en ce que tu construis. Il est difficile de voir un prophète en quelqu’un qu’on a vu grandir.
Jésus l’a vécu aussi :
Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison.
Si ta famille hausse les épaules devant ton idée, ce n’est pas grave. Vraiment. Ils peuvent t’aimer et ne pas encore voir. Certains comprendront plus tard, d’autres jamais ; tu peux continuer à les aimer dans les deux cas.
Et les jours où ta propre espérance faiblit, souviens-toi que ton objectif compte plus que les voix bruyantes autour de lui. Beaucoup de ceux que nous admirons aujourd’hui n’ont pas été soutenus quand ça comptait. Jésus a été rejeté dans sa propre ville. Néhémie a rebâti sa muraille sous les moqueries, et les frères Wright ont volé alors qu’un journal prédisait encore un million d’années. Ce qui les a fait tenir, c’est l’espérance d’un lendemain meilleur, bien avant que quiconque applaudisse.
Quand tu ne crois pas en quelqu’un
L’autre côté compte tout autant. Si tu ne crois pas en ce que quelqu’un fait, tu en as le droit. Mais ne trouble pas sa paix.
Appeler quelqu’un seulement pour récolter des nouvelles à répéter ailleurs, c’est du commérage, même avec une voix aimable. L’espérance ne fonctionne pas comme ça.
Si quelqu’un fait quelque chose de bien, tu n’es pas obligé de le rejoindre, de le financer, ni même de le comprendre. Mais tu as le devoir de ne pas y ajouter de négativité. Un seul commentaire décourageant peut peser plus lourd que dix encouragements, surtout un mauvais jour. Garder tes doutes pour toi, ou les partager en privé et avec douceur, est l’une des façons les plus simples de préserver l’espérance de quelqu’un en son objectif.
Le désert est un passage
Un espoir différé rend le cœur malade, Mais un désir accompli est un arbre de vie.
Le proverbe est honnête sur l’attente : elle fait mal, et elle peut rendre le cœur malade. Il promet aussi un arbre de vie au bout. La douleur de l’attente ne prouve pas que la promesse est fausse.
Certains d’entre nous ont vécu si longtemps dans le désert qu’ils le prennent pour leur maison. Nous avons appris à attendre peu et à remercier pour des miettes. Ça peut ressembler à de l’humilité. Très souvent, c’est de la fatigue, ou une croyance qu’on nous a enseignée et que nous n’avons jamais remise en question.
Le désert est réel, et tu en traverses peut-être un en ce moment. Continue de marcher. L’océan existe, et tu as le droit de le désirer.
Mais traverser un désert n’est pas une raison pour être dur avec ceux qui marchent à côté de toi. La douleur a tendance à nous rendre amers, et l’amertume cherche toujours quelqu’un à blesser. Porte plutôt ton espérance avec toi, et partage-la. L’espérance est comme la flamme d’une bougie : tu peux allumer celle d’un autre sans rien perdre de la tienne.
Sois bon envers toi-même
La plupart d’entre nous se parlent avec une voix qu’ils n’utiliseraient jamais avec un ami. Nous ressassons nos échecs le soir et oublions, au matin, tout ce qui s’est bien passé.
Repose-toi quand tu es fatigué. Pardonne ce qui peut l’être, y compris à toi-même. Ris de tes erreurs ; la plupart étaient plus petites qu’elles n’en avaient l’air.
Et si le poids est trop lourd, dis-le à quelqu’un. Prendre soin de ton esprit fait partie de prendre soin de ton espérance. Ma femme, Flore, aide des personnes à le faire depuis quatre ans à travers SantéMentaleAfro. Demander de l’aide n’est pas un manque de foi.
Garder l’espérance vivante
- Tiens-toi à Dieu : apporte-lui ton attente, tes peurs et tes joies, chaque jour. Il est « le Dieu de l’espérance » (Romains 15:13), et une espérance qui repose sur lui ne dépend pas de la façon dont s’est passée ta journée.
- Souris : à l’inconnu, au collègue, à la caissière. Ça ne coûte rien et ça peut changer la journée de quelqu’un.
- Réjouis-toi et pleure avec les autres : célèbre leurs bonnes nouvelles même si tu les as apprises de seconde main, et reste près d’eux dans la peine même s’ils ne t’ont pas appelé.
- Sois présent : un message, une visite, un billet d’avion. La présence est la forme d’encouragement la plus forte.
- Protège l’espérance des autres : aime ceux qui ne croient pas encore en toi, et si tu ne crois pas en quelqu’un, ne trouble pas sa paix.
- Sois bon envers toi-même : repose-toi, pardonne, ris, et demande de l’aide quand tu en as besoin.
Puis retourne-toi et fais pour quelqu’un d’autre ce que tant de personnes ont fait pour nous. Que vive l’espérance !
Footnotes
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J’ai raconté toute l’histoire dans un plan biblique en trois parties sur Lectio : Le courage d’agir. ↩